La cathédrale et ses trésors

Une Cathédrale au coeur de la cité cadurcienne

Cahors, dit Caurs en occitan, est un des passages incontournables du chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

Située en plein coeur de la Vallée du Lot et bordée de toute part par la rivière, elle possède un riche patrimoine architectural et historique. Née à l’époque gallo-romaine, la cité cadurcienne a, au fur et à mesure des années, pris de l’importance jusqu’à devenir un véritable carrefour européen au moyen-Âge. Joyau médiéval, elle conserve de nombreux vestiges de cette époque autour de laquelle elle a forgé son identité. Aujourd’hui, Cahors compte 20 000 habitants, au coeur d’une agglomération d’un peu plus de 40 000 habitants. Elle affiche son identité et construit le visage d’une ville moderne. Préfecture du Lot, elle évoque dans l’esprit de chacun des paysages rocailleux et verdoyant à couper le souffle ainsi qu’un patrimoine gastronomique riche.

La cité cadurcienne est avant tout l’hôte d’une architecture particulièrement marquée par des chantiers datant de l’Antiquité à la Renaissance avec des bâtisses dévoilant de grandes arcades, des ruelles escarpées. Elle abrite également deux monuments historiques d’exception, classés au patrimoine mondial de l’Unesco (au titre des chemins de Saint-Jacques de Compostelle) : le célèbre Pont Valentré, construit au moyen-âge et, bien sûr, la Cathédrale Saint-Étienne, surplombant de son clocher et ses coupoles les toits en tuiles typiques du centre historique.

Un chef d’oeuvre architectural

Témoin de la prospérité de la ville à travers les siècles,
elle est le joyau que nous ont ciselé nos ancêtres.
Vivante, son coeur bat au rythme de la ville.
Bâtie à l’époque romane à l’orée du XIIe siècle, la
Cathédrale vit son abside en partie reconstruite au XIIIe
à l’époque gothique. Le génie du XIVe lui donnera un
nouveau massif occidental et un choeur entièrement
orné de peintures murales a tempera. Le XVIe, quant à
lui, offre son cloître, havre de paix ouvert à la contemplation du visiteur. Pour ne pas être en reste le XVIIe et le XVIIIe ornent, décorent et enrichissent.

Au XIXe, sous la direction énergique de Monseigneur
Grimardias, les vitraux du choeur sont ajoutés.
Les architectes dégagent et mettent en valeur les
coupoles qui, de leur bleu ardoise, se détachent du
paysage et font la fierté de notre ville. Au XXIe siècle, grâce à des techniques innovantes, se tisse une nouvelle page de l’art du vitrail dans ses baies latérales.

La Cathédrale à travers les siècles

XII° siècle

Au début du XII° siècle débuta la reconstruction de la cathédrale Saint Etienne de Cahors. Cette entreprise s’inscrit dans une période de concurrence en matière d’églises, ce qui est fortement soutenu par les évêques de Cahors. Ces derniers ont alors tout pouvoir sur le comté de Cahors, depuis la signature d’une charte en 1090.

Le 27 juillet 1119 eut lieu la consécration de l’autel du Saint Suaire, par le pape Calixte II, lequel revenait du concile de Toulouse. Cet acte est important pour l’histoire de la cathédrale, puisque la présence du pape authentifie une relique du Christ, dont les origines sont toujours restées très floues. En effet, une première théorie nous dit que cette relique fut rapportée par Sainte Véronique à ses amis Saints Martial et Amadour, habitant dans la région aux premiers siècles. Il est aussi possible que Charlemagne ait reçu la Sainte Coiffe aux VIII° ou IX° siècles, par Irène, impératrice d’Orient, et qu’il en ait fait don à Saint Namphaise, un de ses parents présents à Cahors. Mais, il est une autre hypothèse qui pourrait expliquer l’origine de cette relique par une arrivée plus tardive, au XII° siècle : en revenant d’une croisade, Géraud de Cardaillac, évêque de Cahors, aurait ramené la sainte coiffe. Cette relique a d’ailleurs protégé et guéri la ville de Cahors de maladies comme la peste et effectué de nombreux miracles sur les personnes malades venues la vénérer.

Cette relique est très importante aux yeux des chrétiens, car il s’agit du linge qui recouvrait la tête du Christ, lors de sa mise au tombeau. Il comportait alors quelques taches de sang, causées par la couronne d’épines et par la flagellation. Il a été retrouvé par les apôtres le jour de la Résurrection, comme il nous est dit dans l’évangile de Saint Jean. La sainte coiffe ou le saint suaire symbolise à la fois la mort du christ et sa glorieuse résurrection, deux événements essentiels dans l’année liturgique.

La construction de cette cathédrale fut achevé en 1140 environ : elle affirme un style romano-byzantin à cette époque, avec une nef unique et très large, ainsi que deux grandes coupoles jumelles, qui font partie des plus grandes coupoles du monde. On observe également un tympan, qui compte parmi les plus beaux tympans romans, dans le même style que celui de Moissac. Ce tympan se trouve donc dans le portail nord de la cathédrale, qui constitue une des entrées principales, avec la porte trilobée sur la face sud, à l’opposé. Fut également construit un cloître roman, supposant la présence de moines à la cathédrale et s’inscrivant dans le cadre de la réforme Grégorienne, qui consistait à encadrer le clergé par les moines. L’émergence de ce cloître fut rendu possible par des donations importantes du haut clergé, dont les évêques principalement.  

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Le pape Calixte II

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XIII° siècle

Au XIII° siècle, la ville de Cahors se voit submergée par les couvents, à tel point que les religieux se trouvent en nombre supérieur par rapport aux cadurciens. En effet, l’on ne compte pas moins de 10 couvents pour les femmes et 18 pour les hommes, ce qui est assez conséquent pour la capitale d’un comté à cette époque. Les marchands voient leur commerce se développer, grâce aux deux ports de la ville : celui de Villié et celui de Valentré. On assiste à l’enrichissement progressif de Cahors.

C’est à cette même période que l’évêque de Cahors, Raymond de Cornil, entreprit de restaurer l’abside du chœur, le déambulatoire s’étant écroulé auparavant. Entre 1280 et 1293, les ouvriers s’attachèrent à donner un style gothique à cette nouvelle abside voûtée, à l’aide de hautes fenêtres, laissant largement passer la lumière dans le chœur et une partie de la nef.  L’architecture gothique a pour but d’alléger l’allure de la cathédrale et d’obtenir un meilleur éclairage, grâce à cette flore gothique naturaliste, surplombant le chœur et l’autel.

Cet évêque est considéré comme un personnage important dans l’histoire de la cathédrale Saint Etienne, puisque c’est lui qui lança la construction du massif occidental. En 1289, il rédigea son testament : il désirait que sa sépulture soit placée dans une chapelle latérale de la cathédrale. En 1293, un sarcophage à son effigie fut placé dans la chapelle de l’Invocation à Marie, située dans la travée orientale de la nef.

XIV° siècle

Il y eut un événement important qui bouleversa toute la France au XIV° siècle : c’est la Guerre de Cent Ans, qui opposa les rois de France aux rois d’Angleterre, entre 1337 et 1453. Ces derniers se battent pour s’emparer de la couronne de France, appartenant alors  à la dynastie des Valois.

La ville connut tout de même une évolution certaine avant le début de la guerre. En 1331, le pape Jean XXII (né à Cahors sous le nom de Jacques Duèze), fonda l’université de Cahors, celle-ci comportant quatre facultés : droit, théologie, arts et médecine. Les cours se déroulaient principalement dans les couvents et les monastères, tandis que les examens pouvaient avoir lieu dans la cathédrale. L’arrivée des banquiers lombards fit de Cahors une ville financière importante au niveau de l’Europe.

Les cadurciens prirent leurs dispositions en matière de défense, en construisant le pont Valentré, en renforçant les éléments défensifs de leur ville et en commençant très tôt à forger de l’artillerie, en prévention des combats qui se préparaient.

Pour ce qui est de la cathédrale, le massif occidental fut achevé au début du XIV° siècle et la plupart des chapelles latérales furent terminées également.

Par la suite, la ville connut une période de grande misère dès 1359 et ce, jusqu’à la fin du XIV° siècle. De fait, les Anglais ont occupé la ville pendant quelques années : Cahors se situe à la limite de l’Aquitaine et lorsqu’Aliénor d’ Aquitaine épousa Henri Plantagenêt, elle allia son nom à celui d’un futur roi d’Angleterre. En 1154, Henri II devint roi d’Angleterre et Aliénor d’Aquitaine fut nommée reine d’Angleterre également : l’Aquitaine revenait aux Anglais grâce à ce mariage.

Si les malheurs ont accablé les cadurciens, la dévotion à la Sainte Coiffe n’en fut que plus grande, afin que Cahors soit délivrée de tous ses maux.  

 

XV° siècle

Le XV° siècle est une période de renouveau, tant religieux qu’économique, pour la ville de Cahors. La figure principale associée à cette période est l’évêque de la ville, Antoine de Luzech, car ce sont toujours les évêques qui ont la plus grande influence sur leur diocèse.

Ce dernier décide de réinsérer le clergé dans la ville et met en place un système d’entraide pour ses paroissiens ruinés à cause de la guerre de Cent Ans. Ainsi, les prêtres, diacres et religieux peuvent se mettre à la disposition des fidèles, pour leur fournir une aide matérielle et spirituelle à la fois.

Il a également beaucoup œuvré pour la cathédrale, puisqu’il a entrepris la reconstruction du cloître. Les restes du cloître roman datant du XII° siècle servent donc de base au cloître du style gothique flamboyant dont l’évêque entame la construction.

De plus, quelques chapelles sont ajoutées à la cathédrale Saint-Etienne. En 1484 est consacrée la chapelle dite Profonde, dédiée à la Vierge Marie, et située dans le prolongement sud du chœur, à proximité du cloître. Elle est d’ailleurs considérée comme le point de départ du décoratif cadurcien, qui comprend un décor essentiellement végétal . Sont construites également les chapelles Saint Martin et Saint Gausbert, lesquelles serviront l’une de salle capitulaire pour le chapitre des moines, et l’autre de sacristie, pour y recueillir les objets sacrés servant au culte dans la cathédrale. Ces chapelles se trouvent toutes les deux sur le côté sud de la cathédrale, la chapelle Saint Gausbert étant extérieure au chœur.

XVI° siècle

Le XVI° siècle fut marqué par les Guerres de religion, qui opposèrent les Protestants aux Catholiques durant une trentaine d’années.

En 1505, la construction du cloître était achevée, grâce à plusieurs évêques, comme les Caretto, ou vicaires, comme Antoine Oriolle, dont les armes sont apparentes dans les galeries du cloître ou dans la chapelle du cloître. 

Cependant, en 1580 eut lieu le sac de la ville de Cahors par les Huguenots, menés par Henri de Navarre, futur Henri IV. Ces troupes ont également saccagé l’intérieur de la cathédrale, ainsi que le cloître : une grande partie des statues furent brisées par leur passage. C’est au cours de ce sac que disparut le maître autelDe plus, le reliquaire contenant la Sainte Coiffe a été volé. Il faut dire que le choix de la ville de Cahors comme destination de pillage n’était pas dû au hasard, les soldats étant attirés par les richesses que renfermait la cathédrale Saint Etienne. Quant au Saint Suaire, il fut miraculeusement retrouvé et sauvé par une cadurcienne, puis par deux bourgeois catholiques, qui n’hésitèrent pas à traverser des barrages de soldats au péril de leur vie pour préserver leur précieux fardeau.

Par la suite, la Sainte Coiffe prit plus d’importance dans la ville de Cahors. En effet, une relique est d’abord un objet de culte : elle permet aux fidèles de vénérer un ossement ou un vêtement ayant appartenu à un saint. La relique christique revêt une importance supplémentaire, puisqu’elle a recouvert la tête du Christ après sa mort. Le Saint Suaire, comme on l’appelle également, est ensuite un objet de pouvoir. De fait, les reliques attirent plus de pèlerins, peuvent opérer des miracles, en guérissant des maladies ou en éloignant certains maux.

Durant ce siècle, l’on assiste à la naissance d’une institution Charité de Pentecôte, qui a pour but d’instaurer un accueil des pèlerins, spécialement durant cette période, afin de vénérer la Sainte Coiffe. En effet, après les fêtes de Pentecôte, la Sainte Coiffe était promenée en procession dans la ville par les fidèles.

XVII° siècle

Durant le XVII° siècle, une vague de réformes se fit sentir ou sévit dans toute la France, en réaction à la montée ou au développement du protestantisme, initié par Luther en 1520, puis par Calvin.

Par conséquent, l’Eglise mit en place un meilleur encadrement du clergé et des fidèles, excommunia tous les protestants, les rendant ainsi infidèles, et prit des dispositions plus sévères au cours de conciles, comme le concile de Trente entre 1545 et 1563. Cela fait partie de la Contre-Réforme Catholique, en opposition à la Réforme protestante.

Le principal représentant de cette Contre-Réforme à Cahors est Alain de Solminihac, évêque de la ville. Celui-ci entreprit la restauration complète de son diocèse et il se montra un apôtre très zélé de la Contre-Réforme. La chapelle Saint Pierre lui est dédiée dans la cathédrale et il fut béatifié par la suite.

En 1690, la cathédrale fut pourvue d’un jubé entièrement en marbre: ce jubé symbolise une séparation matérielle entre le clergé et les fidèles, dans l’esprit de la réforme catholique. 

XVIII° siècle

Le XVIII° siècle ou siècle des Lumières a vu s’épanouir les esprits, à travers des philosophes, des intellectuels, des écrivains et des essayistes. Cette période de renaissance, tant intellectuelle qu’artistique, déboucha en 1789 sur la Révolution Française et la fin de l’Ancien Régime, dès 1791, avec la mort du roi Louis XVI.

En ce qui concerne la cathédrale Saint Etienne, le maître autel, tout de marbre, fut achevé dès 1706 et placé dans la cathédrale. S’ajouta ensuite la tribune de l’orgue, en 1722, au niveau du massif occidental. Au cours de l’année 1736, fut édifiée une tribune, réservée aux chanoines, et située dans la travée occidentale. Deux ans plus tard, une chaire fut installée en face de cette tribune. Les peintures gothiques de la cathédrale furent masquées durant cette période, le marbre étant privilégié par rapport au décor jugé trop sombre. Enfin, en 1768, l’on vit apparaître un beffroi au niveau du massif occidental.

La relique principale de la cathédrale Saint Etienne reste à l’honneur lors de la Pentecôte, dans ce qu’on appelle la « Montre de la Sainte Coiffe », qui permettait aux fidèles de vénérer la précieuse relique particulièrement lors de cette fête liturgique.

La Révolution opéra quelques changements au niveau du statut de la cathédrale tout d’abord : celle-ci devint une simple église paroissiale dès 1790, perdant ainsi son influence au niveau du diocèse. Le chapitre canonial fut supprimé et le maître-autel fut placé en dehors de la cathédrale, pour finir dans une chapelle du cloître. Entre 1793 et 1795, le culte de la Raison fut célébré à Cahors : en effet, à cette époque, ce culte athée se développe en opposition au catholicisme et à la monarchie. L’archidiaconé et les bâtiments capitulaires furent vendus comme biens nationaux sous la Révolution, dans le cadre de la politique de nationalisation des biens de l’Eglise.

XIX° siècle

Au XIX° siècle, il est un nom qui est devenu célèbre en France, c’est celui de Viollet-le-Duc. Ce dernier a entrepris de remettre à l’honneur le patrimoine gothique spécifiquement ; il est également l’auteur du Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XI° au XVI° siècle, qui donne un aperçu de son œuvre dans le domaine de l’architecture.

Or, à Cahors, ce n’est pas son nom que l’on retient, c’en est un autre : Pierre-Alfred Grimardias, évêque de Cahors de 1866 à 1896. Il lança une grande période de travaux pour l’embellissement et la revalorisation de la ville et surtout de la cathédrale. Cette dernière, laissée à l’abandon à la fin du siècle précédent, nécessitait des travaux de restauration de toute urgence.

Ces travaux furent rendus possibles plus facilement, de manière plus accessible, par l’inscription de la cathédrale aux Monuments Historiques en 1862. Dès 1863, un nouvel orgue d’André Stoltz fut installé. Un nouveau maître-autel fut placé dans le chœur en 1873. L’évêque Grimardias entreprit de restaurer les peintures murales de la nef et de dégager les coupoles, afin de les rendre apparentes. Enfin, en 1899, une nouvelle châsse en bronze doré fut réalisée pour la Sainte Coiffe; y sont représentés trois personnages importants pour l’histoire de cette relique et de Cahors : l’empereur Charlemagne, qui aurait pu faire don de la relique à Saint Namphaise, le pape Calixte II, qui a consacré l’autel du Saint Suaire le 27 juillet 1119 et Saint Didier, évêque de Cahors au VII° siècle.

XX° siècle

Cahors acquit une nouvelle importance au XX° siècle et cela s’explique par différents éléments. Tout d’abord, lors de la Seconde Guerre mondiale, une des figures emblématiques de Cahors fit son apparition : il s’agit de Jean Jacques Chapou. Il devint le chef d’un maquis de Résistance établi à Cahors, pour contrer les Allemands qui occupaient la France après l’Armistice de 1940. Il donna d’ailleurs son nom à la place où se situe la cathédrale.

De plus, il faut ajouter que la ville de Cahors connut une notoriété nouvelle au plan international, grâce à l’Unesco, en 1998. La cathédrale Saint Etienne et le Pont Valentré furent inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, comme faisant partie des Chemins de Saint Jacques de Compostelle.

La deuxième moitié de ce siècle vit s’opérer des travaux de restauration aux niveaux du massif occidental et de l’orgue de Stoltz. Dans le premier cas, il fut constaté que le massif se tassait dangereusement et il fallut rééquilibrer cette partie de la cathédrale. Et pour ce qui est de l’orgue, il nécessita un nettoyage complet, après quelques années de délaissement, et quelques travaux furent effectués pour la tribune de l’orgue.

XXI° siècle

Le XXI° siècle peut être considéré comme l’achèvement des siècles de construction et d’histoire qui ont précédé. En effet, toutes les périodes de travaux, d’embellissement, de restauration et de valorisation entrepris par la ville et ses évêques depuis le Moyen-Age ont contribué à faire de Cahors une Ville d’arts et d’histoire, aux yeux de l’Unesco, en 2005. Cahors a également été promue Grand Site de Midi Pyrénées en 2009.

Quant à la cathédrale Saint Etienne, les principales modifications observées concernent les vitraux de la nef. Ceux-ci étaient simplement constitués de verres blancs, laissant passer la lumière de manière trop brutale sur les peintures murales. De plus, il était préférable de placer des vitraux colorés, afin d’être en accord avec les couleurs diffusés dans le chœur. Pour ce faire, en 2011, l’Etat organisa un concours auprès de maîtres-verriers et d’artistes : les deux gagnants furent Gérard Collin-Thiébaut, artiste, et Pierre-Alain Parot, peintre-verrier.

Tous deux s’attachèrent à valoriser particulièrement les évangélistes, dans la continuité de l’esprit de la cathédrale. Sur le côté nord, sont évoquées des scènes tirées des évangiles de Saint Matthieu et Saint Marc. A l’opposé, sont visibles des scènes écrites par Saint Jean et Saint Luc.

Ces artistes ont usé d’une technique innovante par rapport au reste de la cathédrale. Ils se sont inspiré de tableaux de scènes de l’Evangile pour les superposer, donnant ainsi un rendu assez coloré. Pierre-Alain Parot eut l’idée de la technique de l’impression sur verre, qu’il adapta à l’art du vitrail.

En 2019, sont fêtés les 900 ans de la cathédrale, dont la date de construction remonte à l’an 1119, au 27 juillet plus précisément. Cet anniversaire permet une redécouverte de l’histoire de la cathédrale, tant pour les cadurciens que pour les touristes. L’année 2019 donne le jour à des événements festifs, patrimoniaux, sociaux et religieux en l’honneur de la Cathédrale Saint Etienne et de sa précieuse relique, la Sainte Coiffe.

Une Cathédrale à la recherche de ses trésors

Sur les traces du maître-autel

Ce 900e anniversaire est l’occasion rêvée pour partir à la recherche de l’objet qui a véritablement marqué la date de création de la Cathédrale : le maître-autel, dont l’histoire et le devenir semblent tout droit sortis d’une légende.
En 1119, alors que le Pape Calixte II passe à Cahors en remontant du Concile de Toulouse, la Cathédrale de Cahors est en cours d’achèvement. Les coupoles n’existent pas à cette époque, seul le choeur est en place : il est trop tôt pour inaugurer officiellement l’édifice en présence du Pontife. Qu’à cela ne tienne ! Un somptueux maître-autel de marbre sera consacré lors de la venue du Saint Père, le 27 juillet.

En 1580, alors que les protestants et les catholiques se déchirent, l’autel béni par le Pape devient un enjeu majeur. Lors de la mise à sac de la ville, les Huguenots (soldats d’Henri III de Navarre, futur Henri IV) dévastèrent la cathédrale.
Un de leur chef, le Vicomte de Gourdon, fit enlever les marbres du maître-autel et du Saint Suaire. Ceux-ci furent embarqués sur deux bateaux pour être dirigés vers le Château de Cénevières.
L’autel du Saint Suaire arriva à destination, il est encore présent en partie au Château. Cependant, l’embarcation sur laquelle était chargée la seconde oeuvre de marbre, le maître autel, sombra, sous le poids mal réparti de son chargement, dans un gouffre à proximité de Cahors, où il disparut et resta loin de la curiosité de tous durant des siècles …
Dans le cadre de la commémoration de la
construction de la Cathédrale, l’idée de retrouver et de mettre à jour ce monument de la Chrétienté mais aussi ce symbole historique est apparu tout à fait indispensable à la réussite de cet anniversaire.
Après l’obtention des autorisations nécessaires auprès de la DRAC, DRASSM (Département des recherches subaquatiques et sous-marines) et de la
Police de l’eau, des recherches ont débuté en septembre dernier et se poursuivent actuellement. L’espoir de ressortir l’autel de l’eau est entier.

Découvrez le teaser des recherches du maître-autel :

La Sainte Coiffe

A l’instar des sanctuaires d’Argenteuil, Turin ou encore Oviedo, la Cathédrale de Cahors abrite un objet à la valeur inestimable. Montrée durant des siècles comme objet de culture, puis exposée dans le trésor de la Cathédrale (Chapelle Saint-Gausbert), la Sainte Coiffe est la pièce maîtresse de la Cathédrale Saint-Etienne.
Certains accordent son arrivée à Cahors à Charlemagne qui aurait reçu la Sainte Coiffe de la fille d’un sultan maure qui nourrissait le rêve de lier son empire au sien. D’autres disent qu’elle fut rapportée de Terre-Sainte au XIIe siècle par l’Evêque de Cahors, Géraud de Cardaillac pour éviter qu’elle ne soit profanée par les Infidèles aux portes de Jérusalem. Que l’on croit dans une version ou une autre, une seule chose est sûre : au même titre que le Saint Suaire de Turin, la Sainte Coiffe fait donc partie des cinq reliques du Christ au moment de sa mise au tombeau

Cette coiffe a la forme d’un bonnet de tissu, dont la fonction était de couvrir la tête du défunt depuis le front jusqu’à la nuque, s’allongeant sur les tempes et s’attachant sous le menton.

Volée durant les guerres de religions, cette dernière fut retrouvée en 1580 par Dadine de Hauteserre et replacée au sein de la Cathédrale. Du fait de sa valeur et de son caractère miraculeux, cette dernière était rituellement exposée à la piété. Célèbre pour son supposé caractère miraculeux, elle était réputée pour guérir des maladies des yeux sur lesquels elle pouvait être a posée. Elle suscita de nombreux écrits qui la disaient toujours intimement liée à la Cathédrale.

Que l’on croit, ou non, en la véracité de cette relique, cette dernière puise toute sa valeur dans l’histoire qu’elle a traversée. En effet, lorsque l’on observe la Sainte Coiffe, il est probant qu’il s’agit d’un objet extrêmement pollué. Ce tissu a été beaucoup manipulé et est aujourd’hui abîmé. Anciennement, de nombreuses personnes venaient à Cahors pour l’apposer sur leurs visages afin de guérir leurs maux. Certains viennent d’ailleurs à y voir, ou imaginer, des traces de sang. Une chose est certaine, cette relique revêt un intérêt fort cultuellement parlant mais également patrimonialement. Cette dernière a été longtemps l’objet d’un culte important, il est impossible d’ignorer cet héritage historique.

Jusqu’alors exposée dans l’espace muséographié du Trésors de la Cathédrale, la relique sera de nouveau offerte à la vénération en 2019. Elle retrouvera à cette occasion la Chapelle qui l’a le plus longtemps abritée et que Monseigneur Grimardias avait orné.

La relique sera normalement réinstallée en avril en son sein. Des travaux étant prévus dans la Chapelle d’Axe, son emplacement initial, cette dernière sera positionnée temporairement dans le coeur de la Cathédrale. Dès la fin de la restauration de la Chapelle d’axe, elle sera remise au sein de cette dernière. De par sa présentation, pélerins, Cadurciens, Lotois ou encore touristes pourront venir admirer ce trésor.

Des parcours de découverte de la Cathédrale, avec comme point d’orgue la Sainte Coiffe, seront organisés tout au long de l’année 2019. Ils seront volontairement orientés autour du culte ou bien du patrimoine, afin que chacun se réapproprie le lieu et sa relique selon ses convictions personnelles.

La Sainte Coiffe sera également l’objet du grand temps fort de ce 900e anniversaire. Le 27 avril 2019, une grande procession traversant le coeur ancien de la cité cadurcienne sera organisée et visera à la célébrer en nombre. De nombreux pélerins et touristes sont attendus à cette occasion.

Cahors s’apprête à vivre un moment exceptionnel…