La cathédrale et ses trésors

Une Cathédrale au coeur de la cité cadurcienne

Cahors, dit Caurs en occitan, est un des passages incontournables du chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

Située en plein coeur de la Vallée du Lot et bordée de toute part par la rivière, elle possède un riche patrimoine architectural et historique. Née à l’époque gallo-romaine, la cité cadurcienne a, au fur et à mesure des années, pris de l’importance jusqu’à devenir un véritable carrefour européen au moyen-Âge. Joyau médiéval, elle conserve de nombreux vestiges de cette époque autour de laquelle elle a forgé son identité. Aujourd’hui, Cahors compte 20 000 habitants, au coeur d’une agglomération d’un peu plus de 40 000 habitants. Elle affiche son identité et construit le visage d’une ville moderne. Préfecture du Lot, elle évoque dans l’esprit de chacun des paysages rocailleux et verdoyant à couper le souffle ainsi qu’un patrimoine gastronomique riche.

La cité cadurcienne est avant tout l’hôte d’une architecture particulièrement marquée par des chantiers datant de l’Antiquité à la Renaissance avec des bâtisses dévoilant de grandes arcades, des ruelles escarpées. Elle abrite également deux monuments historiques d’exception, classés au patrimoine mondial de l’Unesco (au titre des chemins de Saint-Jacques de Compostelle) : le célèbre Pont Valentré, construit au moyen-âge et, bien sûr, la Cathédrale Saint-Étienne, surplombant de son clocher et ses coupoles les toits en tuiles typiques du centre historique.

Un chef d’oeuvre architectural

Témoin de la prospérité de la ville à travers les siècles,
elle est le joyau que nous ont ciselé nos ancêtres.
Vivante, son coeur bat au rythme de la ville.
Bâtie à l’époque romane à l’orée du XIIe siècle, la
Cathédrale vit son abside en partie reconstruite au XIIIe
à l’époque gothique. Le génie du XIVe lui donnera un
nouveau massif occidental et un choeur entièrement
orné de peintures murales a tempera. Le XVIe, quant à
lui, offre son cloître, havre de paix ouvert à la contemplation du visiteur. Pour ne pas être en reste le XVIIe et le XVIIIe ornent, décorent et enrichissent.

Au XIXe, sous la direction énergique de Monseigneur
Grimardias, les vitraux du choeur sont ajoutés.
Les architectes dégagent et mettent en valeur les
coupoles qui, de leur bleu ardoise, se détachent du
paysage et font la fierté de notre ville. Au XXIe siècle, grâce à des techniques innovantes, se tisse une nouvelle page de l’art du vitrail dans ses baies latérales.

Une Cathédrale à la recherche de ses trésors

Sur les traces du maître-autel

Ce 900e anniversaire est l’occasion rêvée pour partir à la recherche de l’objet qui a véritablement marqué la date de création de la Cathédrale : le maître-autel, dont l’histoire et le devenir semblent tout droit sortis d’une légende.
En 1119, alors que le Pape Calixte II passe à Cahors en remontant du Concile de Toulouse, la Cathédrale de Cahors est en cours d’achèvement. Les coupoles n’existent pas à cette époque, seul le choeur est en place : il est trop tôt pour inaugurer officiellement l’édifice en présence du Pontife. Qu’à cela ne tienne ! Un somptueux maître-autel de marbre sera consacré lors de la venue du Saint Père, le 27 juillet.

En 1580, alors que les protestants et les catholiques se déchirent, l’autel béni par le Pape devient un enjeu majeur. Lors de la mise à sac de la ville, les Huguenots (soldats d’Henri III de Navarre, futur Henri IV) dévastèrent la cathédrale.
Un de leur chef, le Vicomte de Gourdon, fit enlever les marbres du maître-autel et du Saint Suaire. Ceux-ci furent embarqués sur deux bateaux pour être dirigés vers le Château de Cénevières.
L’autel du Saint Suaire arriva à destination, il est encore présent en partie au Château. Cependant, l’embarcation sur laquelle était chargée la seconde oeuvre de marbre, le maître autel, sombra, sous le poids mal réparti de son chargement, dans un gouffre à proximité de Cahors, où il disparut et resta loin de la curiosité de tous durant des siècles …
Dans le cadre de la commémoration de la
construction de la Cathédrale, l’idée de retrouver et de mettre à jour ce monument de la Chrétienté mais aussi ce symbole historique est apparu tout à fait indispensable à la réussite de cet anniversaire.
Après l’obtention des autorisations nécessaires auprès de la DRAC, DRASSM (Département des recherches subaquatiques et sous-marines) et de la
Police de l’eau, des recherches ont débuté en septembre dernier et se poursuivent actuellement. L’espoir de ressortir l’autel de l’eau est entier.

Découvrez le teaser des recherches du maître-autel :

La Sainte Coiffe

A l’instar des sanctuaires d’Argenteuil, Turin ou encore Oviedo, la Cathédrale de Cahors abrite un objet à la valeur inestimable. Montrée durant des siècles comme objet de culture, puis exposée dans le trésor de la Cathédrale (Chapelle Saint-Gausbert), la Sainte Coiffe est la pièce maîtresse de la Cathédrale Saint-Etienne.
Certains accordent son arrivée à Cahors à Charlemagne qui aurait reçu la Sainte Coiffe de la fille d’un sultan maure qui nourrissait le rêve de lier son empire au sien. D’autres disent qu’elle fut rapportée de Terre-Sainte au XIIe siècle par l’Evêque de Cahors, Géraud de Cardaillac pour éviter qu’elle ne soit profanée par les Infidèles aux portes de Jérusalem. Que l’on croit dans une version ou une autre, une seule chose est sûre : au même titre que le Saint Suaire de Turin, la Sainte Coiffe fait donc partie des cinq reliques du Christ au moment de sa mise au tombeau

Cette coiffe a la forme d’un bonnet de tissu, dont la fonction était de couvrir la tête du défunt depuis le front jusqu’à la nuque, s’allongeant sur les tempes et s’attachant sous le menton.

Volée durant les guerres de religions, cette dernière fut retrouvée en 1580 par Dadine de Hauteserre et replacée au sein de la Cathédrale. Du fait de sa valeur et de son caractère miraculeux, cette dernière était rituellement exposée à la piété. Célèbre pour son supposé caractère miraculeux, elle était réputée pour guérir des maladies des yeux sur lesquels elle pouvait être a posée. Elle suscita de nombreux écrits qui la disaient toujours intimement liée à la Cathédrale.

Que l’on croit, ou non, en la véracité de cette relique, cette dernière puise toute sa valeur dans l’histoire qu’elle a traversée. En effet, lorsque l’on observe la Sainte Coiffe, il est probant qu’il s’agit d’un objet extrêmement pollué. Ce tissu a été beaucoup manipulé et est aujourd’hui abîmé. Anciennement, de nombreuses personnes venaient à Cahors pour l’apposer sur leurs visages afin de guérir leurs maux. Certains viennent d’ailleurs à y voir, ou imaginer, des traces de sang. Une chose est certaine, cette relique revêt un intérêt fort cultuellement parlant mais également patrimonialement. Cette dernière a été longtemps l’objet d’un culte important, il est impossible d’ignorer cet héritage historique.

Jusqu’alors exposée dans l’espace muséographié du Trésors de la Cathédrale, la relique sera de nouveau offerte à la vénération en 2019. Elle retrouvera à cette occasion la Chapelle qui l’a le plus longtemps abritée et que Monseigneur Grimardias avait orné.

La relique sera normalement réinstallée en avril en son sein. Des travaux étant prévus dans la Chapelle d’Axe, son emplacement initial, cette dernière sera positionnée temporairement dans le coeur de la Cathédrale. Dès la fin de la restauration de la Chapelle d’axe, elle sera remise au sein de cette dernière. De par sa présentation, pélerins, Cadurciens, Lotois ou encore touristes pourront venir admirer ce trésor.

Des parcours de découverte de la Cathédrale, avec comme point d’orgue la Sainte Coiffe, seront organisés tout au long de l’année 2019. Ils seront volontairement orientés autour du culte ou bien du patrimoine, afin que chacun se réapproprie le lieu et sa relique selon ses convictions personnelles.

La Sainte Coiffe sera également l’objet du grand temps fort de ce 900e anniversaire. Le 27 avril 2019, une grande procession traversant le coeur ancien de la cité cadurcienne sera organisée et visera à la célébrer en nombre. De nombreux pélerins et touristes sont attendus à cette occasion.

Cahors s’apprête à vivre un moment exceptionnel…